LES EDITIONS D’UQBAReditions_livres.htmleditions_livres_mediasphere.htmlshapeimage_1_link_0

Au bout de la rue, récemment goudronnée, un terrain en friche hante la vue. La photographie en couverture de Ghost Estates indique que la parcelle n’a pas été investie par le projet prévu. A cet emplacement, on suppose qu’une maison pavillonnaire devait fermer le cul-de-sac. Lorsque la dite « bulle immobilière » éclate en 2008, les chantiers s’arrêtent brusquement. Plus de trois mille ensembles résidentiels inoccupés recouvrent déjà le paysage irlandais. En ce sens, le vide sur l’image de couverture fait exception. Car, dès l’ouverture du livre, l’horizon se resserre, l’espace est encombré par les constructions.

Face aux vestiges de la prospérité, Valérie Anex dirige son regard sur les façades, les haies, les clôtures et les pancartes promotionnelles. Elle arpente les lieux, attentive à l’architecture et ses liens directs avec les politiques de développement territorial. Par le sens du cadrage et de la réitération, par la suite des images et leurs articulations avec le texte, le livre Ghost Estates met en exergue le processus de désagrégation des maisons neuves et de simulation des décombres. Il évoque ainsi la dynamique qui va de la marchandise fétichisée à la faillite d’un système économique.

C’est sur le mode du futur antérieur que les avatars d’hommes et de femmes sur la pancarte publicitaire, qui clôt l’ouvrage, rappellent l’origine des lotissements fantômes. Si, autrefois, une ville nommée fantôme était une ville abandonnée, celle d’aujourd’hui n’a jamais été habitée. Les photographies de Ghost Estates ne peuvent rendre visible ce « nouveau spectre qui hante le globe ». Cependant, elles se réfèrent à cette sorte d’écrasement du temps qui ouvre la réflexion du lecteur sur le monde habitable.


Les éditeurs

Christian Tarabini, Laura von Niederhäusern

GHOST ESTATES


VALERIE ANEX


84 pages, 47 photographies en couleur

texte en français et en anglais

ISBN 978-2-8399-1169-6

Parution en avril 2013



 

Cet ouvrage a été réalisé avec le soutien de la Ville de Genève, de la République et Canton de Genève et de la Loterie Romande.